Chênes,
oliviers, hêtres,
amandiers, boulots et autres espèces vivantes, vous venez,
poussez, grandissez,
et mourrez sur terre, certains après une vie de plusieurs
siècles. Avec une
présence limitée dans le temps, vous n'en
êtes pas moins témoins de
l'éphémère
passage sur terre des êtres humains. Vous nous voyez nous
aussi naître,
grandir, vieillir et mourir. Pourtant, nous sommes vos
maîtres, ou du moins
jouons-nous à l'être. Impassibles et silencieux,
vous en subissez les
conséquences : pollutions, incendies, bois de chauffage et
de construction,
dégradations par jeux, par ignorance ou par
stupidité.
Témoins de l'évolution des civilisations, vous
êtes présents
en tout lieu où la terre émerge des eaux, dans
tous les milieux, ruraux et
urbains, excepté les zones climatiques extrêmes.
Portraits d'arbres, portraits de
témoins fragiles, à la merci de tout incident
climatique, de tout accident dû à
la présence humaine, vous m'êtes
précieux, irremplaçables et
nécessaires.
Marseille,
Août 2000.
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